Chroniques Qaherabeariennes

Réflexions d'un Ours dans la marche du monde

26 avril 2009

On décroche!

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Le temps file vite. En fin de semaine, week-end du Premier mai, ce seront les dernières heures de Diversités. Décrochage prévu le dimanche 3 mai. Je serai à la station B vendredi et samedi soir, pour information. Le bilan de la prestation, son debriefing comme on dit en langage...dynamique se fera plus tard, à tête reposée :-).

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19 avril 2009

Codex ursorum

5ours

Les tribulations de la famille Simpson ne me font pas rire,

le cinéma qui met des yeux aux collines, taille dans le vif des corps et glorifie la violence me rend physiquement malade,

Les super héros des Comics ont oublié de s'arrêter devant ma porte,

le mix de remix d'électro-trance-pop techno tendance funky-noisy-métallo-hard-et tutti quanti me laisse complètement de marbre, tendance agacement limite tout de même,

Sitgès est pour moi un ancien village de pêcheurs,

Cologne, une cathédrale gothique,

Barcelone, la cité du fantastique Gaudi,

Paris, une ville de culture passablement invivable par ailleurs...

Un bar, un endroit convivial où boire une bière et discuter avec des gars sympas.

Visiblement, dans le monde des Ours actuel de mon pays de France, je n'ai pas le bon code.

Dites, cher docteur, est-ce grave?

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18 avril 2009

Roquet.

roquet

Roquet a besoin d'occuper le devant de la scène. D'aucun prétendent que cela serait dû à sa petite taille à l'origine d'un complexe d'infériorité. Cette explication est par trop simpliste pour me satisfaire. Toujours est-il que Roquet est partout, ou presque. Il envahit l'espace.

Il se manifeste avec force gestes, tournoiement de mains et haussement d'épaules. Il répond aux questions par de nouvelles questions, place le on généraliste régulièrement dans ses phrases dont le niveau de langue est à peine soutenu.

Son entourage répète que tout cela est voulu car il faut savoir communiquer avec le plus grand nombre. Et Roquet aime à communiquer. Ou disons qu'il affectionne une certaine forme d'échange qui peut apparaître toutefois comme passablement désordonnée à l'esprit du néophyte.

Il est très difficile de farder longtemps son naturel. Roquet l'a brutal et saupoudré d'un peu de vulgarité. Tandis qu'il serre une main ou embrasse par ici, il laissera tomber quelques mots mal dégrossis -mais toujours assassins- par là. C'est une marque de fabrique chez lui et il faut croire qu'elle fascine. Car Roquet a développé la faculté de fédérer autour de sa personne un agrégat disparate d'ambitieux et de flatteurs, personnages qu'il remet d'ailleurs régulièrement à leur place. Sans doute doivent-ils en éprouver un certain plaisir puisque ce brillant aréopage se montre bien docile. Du moins pour le moment.

Mais il n'est de roquet qui un jour ne lasse, qui ne trouve son maître et qui s'aplatisse devant plus fort, plus bruyant que lui. Ce jour là, généralement, les flatteurs se muent en railleurs, brûlant avec un entrain un peu gêné ce qu'il ont adoré en même temps que leur mémoire.

J'attends patiemment que ce moment arrive pour sourire au spectacle.

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11 avril 2009

Le revenant...

Comme les anges à l’œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit ;

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d’une fosse rampant.


Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu’au soir il fera froid.

Comme d’autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l’effroi.

***

Ch.Baudelaire, les Fleurs du mal

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04 avril 2009

Il y aura des morts...

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Etre un ours dans la marche du monde c'est ne jamais perdre complètement de vue ce dernier, même lorsque sa propre existence suit un chemin perdu dans la masse de milliards d'autres et que sa (petite) vie prend, de fait, le pas sur des mouvements plus massifs.

Pourtant, comment ignorer que la catastrophe se rapproche? Quand j'ouvre ma fenêtre du haut de ma tour, je ne peux rien en percevoir encore. Les voitures circulent sur le boulevard qui file vers Lille, l'école vibre des criaillements des enfants et des rappels à l'ordre des institutrices. Les ascenseurs montent et descendent et rippant parfois sur leurs rails... Mais dès que j'allume la télévision, que je navigue sur Internet et que je branche ma radio, l'espace se remplit de mots, de nouvelles inquiétantes et d'une multitude de bribes annonçant que la machine à broyer est passée à la vitesse supérieure.

"Plans sociaux" -comme on dit pudiquement- à la fourche, situations explosives, violence qu'on ne parvient plus à contenir. Tueries de masse, noyades de pauvres hères qu'on dilue dans la fièvre médiatique du moment, dirigeants séquestrés, populations mises à la rue. Et puis la Crise, encore la Crise, toujours la Crise! Ultime justification du tout et du rien, masque sur les responsabilités qui ne veulent pas être reconnues...

Je ne suis pas voyant mais je sens quelque-chose et je peux le prédire ici: il y aura des morts, beaucoup de morts. Les temps reviendront où les voisins s'égorgeront pour un mot, un regard de travers, où les petits étriperont les grands avec la frénésie du faible qui ne sait pas user d'autre chose que de l'effet de masse et de la violence pour se faire comprendre.

La tempête approche, les ingrédients pour qu'elle soit cataclysmique s'agrègent les uns aux autres progressivement avec la régularité d'un mouvement d'horlogerie. Crainte de l'autre, jalousie, méconnaissance culturelle, dictature du politiquement correct et du bon sentiment, déresponsabilisation massive de tous, honteuse confiscation du bien public, mauvaise répartition des richesses, culte de la violence gratuite, culture de la facilité et de la pseudo réussite sans travail, opposition permanente des gens sur tous critères, hypocrisie généralisée des vertus républicaines et démocratiques dévoyées de leur sens premier, adoration de l'argent au détriment de l'Homme, abrutissement des religions, petits arrangements entre penseurs et autre pseudo-fraternités, dérives d'une Science sans conscience qui transforme les gens en chiffres... La liste est tellement longue qu'elle mène à la nausée.

Le pire est sans doute qu'il n'y a rien à faire, que c'est déjà trop tard. Les bonnes volontés sont balayées par les réalités du terrain, par la complexité de la tâche, par la bêtise généralisée. Qui aujourd'hui dans cette masse folle voit plus loin que le bout de son nez et souhaite autre chose que son propre bonheur et celui de son insignifiante progéniture?

-Mais l'être humain est ainsi fait, dit-on. On ne peut pas demander à tout le monde d'être altruiste...

Soit, mais si nous ne sommes pas programmés pour devenir des saints -qui, soit dit en passant, ont souvent eu des vies dramatiquement dépourvues d'intérêt, toujours un jugement à la bouche et une condamnation prête à sortir au nom de "l'amour du Christ"- notre nature nous oblige à trouver l'équilibre entre individualisme et altérité. Il n'est même pas question de choix ici, c'est incontournable.

Les utopies ont fait plus de mal que les guerres qu'elles ont finit par générer. Mais tout ce que nous avons connu de dramatique jusque là est sans commune mesure avec ce qui s'annonce car aujourd'hui nous sommes...mondialisés.

Les oiseaux de malheur se sont complus à décrire la fin du monde, des raz de marées, des explosions titanesques et autre collisions. Il y a toujours un illuminé pour donner une date fantasque. Même ceux-là passent à côté de la réalité qui nous attend. On se trucidera sous des cieux radieux, les pavés et les cocktails enflammés voleront jusque dans des paysages verdoyants. Il fera plus chaud, certes, parce que l'effet de serre aura modifié bien des paramètres climatiques, rajoutant à la haine ambiante, mais la planète, elle, continuera de tourner.

L'être humain est fondamentalement et définitivement mauvais. Son seul salut sur le vaisseau du monde ne peut venir que de l'éducation aux sagesses immémoriales qui mettent l'humanisme au centre de leur essence même et à l'écoute des rythmes de la Nature devenue partenaire.

Peut-être qu'après les horreurs qui nous attendent, quelque chose de neuf et de meilleur apparaîtra.

En attendant justement, moi j'observe, je parle, j'enseigne ce que je peux enseigner, je crée et j'écris car il faudra bien qu'un jour lointain on se souvienne. Je tente de rester éveillé parmi ceux qui le sont et de ne pas me bercer d'illusions dangereuses...

Posté par QB_VO à 14:06 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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