14 octobre 2008
La crise ?
De l'art de la relativité.
Plus de 1700 milliards investis par les états pour sauver ce qui peut l'être encore d'un système construit sur du vent et qui finira bien par s'écrouler un jour en entraînant d'épouvantables guerres civiles, et moi et moi et moi:
35 ans dans quelques semaines.
Formateur en CDD intermittent depuis 10 ans, en gros.
Deux ans de chômage, technique on va dire (a visto de naz) avec tout ce que celà entraîne psychologiquement...
Environ 20000 Euros de côté, tous comptes confondus (dans la même banque en plus, il n'a pas peur le bougre!) pour les coups durs.
Accès à la propriété interdit (Je ne suis pas assez fiable pour obtenir un crédit auprès du système bancaire-soutenu-à-hauteur-de-1700-Milliards-de-dollars-par-les-contribuables-de-l'Occident )...
CDI même pas envisageable en rêve (la criiiiiiiise!) Et puis avec une maîtrise en Histoire, que faire d'autre que de la formation-enseignement-conseil à la formation, branche remplie de requins et de profiteurs (mention spéciale à l'enseignement catho et à l'Artisanat dans le domaine).
Mais, restons zen. Je peux quand même compter sur une bonne santé -pourvu que ça dure avec toutes les saloperies cachées dans mes 10 fruits et légumes quotidiens que je ne peux pas acheter bio du fait de leur coût- et sur quelques compétences, à la fois intellectuelles et manuelles.
Et puis il y a aussi ma petite famille, bien qu'elle soit loin et guère mieux logée que moi. J'y inclus mes amis de coeur, même si parfois certains se plaignent de manière un tantinet indécente... Nous avons tous nos faiblesses n'est-ce pas?
Tout n'est donc certes pas perdu mais au moindre "accident de vie" comme on dit pudiquement, c'est la rue qui m'attend. Je ne suis peut-être pas le premier sur la liste mais, vu mon profil, je vous assure que j'y figure bien.
J'adore cette froide lucidité. Funny non?
02 octobre 2008
Introspection

"Raphael" par Chr.Jannin, 2008
Le jour où je mourrai, je voudrais qu'un ange pareil à celui-ci fasse mon psychopompe.
Descendu des hauteurs, Il déposerait son épée, laisserait dérouler son listel comme un serpent se lovant sur mes draps. Alors, il glisserait ses bras fermement sous les miens et d'un coup d'ailes, d'un seul, m'arracherait à la pesanteur que j'ai toujours connue.
L'air serait doux et transparent au dessus des poussières. Je verrais encore durant quelques instants les nuages irisés colorés de pourpre.
Au fur et à mesure de l'ascension, je sentirais mon corps s'alléger. Peut-être sera-t-il alors méconnaissable, comme un champ ravagé? Ca n'a pas d'importance, dans ces bras protecteurs, contre ce torse puissant, cette beauté idéale que j'ai toujours rêvée, je serais protégé. Plus rien ne comptera.
Et je n'aurais plus peur. Plus jamais.
Merci à toi, Tof. Tes dessins sont pour moi bien plus que des merveilles de formes et de couleurs. Ils agissent comme des clés dans les portes verrouillées...