Qaherabear Rex Ursorum

21 janvier 2012

Ta bouche

Ta bouche est le coussin qui jamais ne me lasse
Et sur lequel je pose le vent de mes narines
On la voit de velours ou de soie purpurine
Peu importe le teint quand ma langue s'y prélasse

Sur ton menton barbu, elle prend toute la place
Et s'étend et s'étire au milieu des forêts
Taillées et symétriques du fond jusqu'à l'orée
Ces lèvres ont puisé vie dans le feu et la glace

Quand j'y pose mon doigt c'est mon corps qui se laisse
Couler de tout son long au creux de leur souplesse
Les meubles de la chambre, le ciel s'en vont rosir

Et le lit de trembler de forte magnitude
En ce tableau mouvant, une seule certitude:
Ta bouche fut comme toi, créée pour le plaisir.

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20 janvier 2012

Oyez Candidats, oyez!

Candidat, ô impétrant,

Toi qui cherches ma voix et me courtises au travers de tes discours, que sais-tu de moi? T'intéresses-tu vaiment à ce que je suis? Tu es prêt à me promettre monts et merveilles parce que tu n'ignores pas que je tiens dans ma main une infime part du pouvoir qui va te manquer si je ne te choisis pas...

Je t'observe, Candidat. Et depuis longtemps. Tu parles bien ou tu essayes, tu souries, tu te lances dans un vrai marathon. Tu me fais souvent rire parce que tes attitudes manquent tellement de hauteur. Moi, tu vois, je t'écris ici. Je profite de cet espace de liberté tant que cela est encore possible, tant que les sicaires des grands groupes influents n'ont pas encore réussi à tuer toute originalité.

Les temps ne sont pas bons et les vieux démons resurgissent de leurs boîtes. Tu me connais si peu que tu ne sais pas qui tu courtises: je fais partie de tous ces gens qu'on stigmatise ou qu'on peut montrer du doigt. Moi, je suis un homme qui aime les hommes et qui ne fait pas que coucher avec. Je voudrais que ceux  de mon sexe qui le désirent aient les mêmes droits que n'importe qui d'autre. Je voudrais qu'ils puissent se marier, trouver un logement et donner leur sang, sans plus subir aucune discrimination, ostensible ou pas.

Je suis également un bon citoyen persuadé qu'on ne fait pas grandir un pays sans vertu ni solidarité, sans le goût de l'autre et l'intérêt pour les autres cultures. J'ai toujours contribué à cette solidarité nationale et je voudrais maintenant qu'on m'en donne aussi une petite part. Pourquoi dois-je encore supporter une société qui m'impose ses choix sans respecter les miens? Je ne veux pas d'enfants, suis-je moins honorable qu'une mère pour autant? Je ne veux pas consommer sans discernement, suis-je donc un individu de deuxième ordre parce que je n'entre pas dans un cadre social qui se cherche et s'égare? Moi, en tout cas, Candidat, sois-en sûr: je me suis trouvé, et depuis longtemps. Aucune des étiquettes qu'on a voulu me coller sur le dos ne me convient: elles se détachent vite.

Tu mènes tes combats, du moins c'est ce que je veux bien croire, moi je mène les miens. Ils sont nombreux et justes et ils se moquent bien des modèles de morale dont on nous a gavés durant des générations. Ils luttent contre l'obscurantisme de toutes ces maudites religions qui ont rendu l'Humanité malade, il s'oppose à l'imperium de l'Argent et à toutes ses vilénies, ses collusions.

Peut-être devrais-tu t'inspirer de mes batailles si tu veux toucher les gens de l'ombre comme moi, ceux qui regardent  de plus haut, loin des foules hurlantes et abruties prêtes à aller t'applaudir dans tes meetings. Crois-moi quand je te dis que nous sommes plus nombreux que ce que tes conseillers et statisticiens veulent bien dire. Si tu parviens à compendre qu'on ne bâtit rien de durable sans sincérité, sans l'équité et la juste répartition, sans mettre l'Homme au centre des préoccupations, alors ton pouvoir ne sera qu'éphémère et le bilan de ton temps, creux.

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28 décembre 2011

Sublime Porte de sortie

Les autorités turques font fausse route à vouloir stigmatiser les "méchants Français" qui leur rappellent ce qui est pourtant un fait historique incontestable: le massacre organisé et planifié des arméniens en 1915.

En agissant de la sorte elles contribuent à éloigner encore plus la possible intégration à l'Union européenne dans les esprits des citoyens communautaires en dépit de nos trop grandes divergences et de l'absence de cohésion au sein de l'Europe politique. On dit que le turc lambda n'est plus intéressé aujourd'hui par l'entrée dans un bloc qui montre des faiblesses structurelles graves et qui ne connaît même pas son avenir proche. Soit, mais il n'en sera pas toujours ainsi et les pressions faites il n'y a pas si longtemps encore par les autorités pour intégrer l'Union redeviendront d'actualité dès que la situation se sera améliorée, d'une manière ou d'une autre, même si la "nouvelle Europe" se recentre sur quelques Etats...

Le travail de mémoire n'est pas déshonorant, il est nécessaire. Il témoigne d'une forme de maturité collective qui inscrit un pays, une nation dans le bilan de l'Histoire. Comme les Français ou les Allemands qui sont largement revenus sur les grandes atrocités commises au nom d'un roi, d'une république ou d'un reich, les Turcs devraient faire la même chose, en toute simplicité, dans la clarté et dans le désir de comprendre les rouages et les mécanismes qui conduisent à de tels actes. Un génocide ne naît pas de rien, il plonge ses racines au plus profond des peuples et de leurs cultures, des tensions et des haines nourries durant des siècles. Comprendre et témoigner fait partie du travail collectif nécessaire pour avancer et devenir humainement meilleur. Il ne s'agit pas de montrer du doigt tel ou tel peuple, juste de se garder de commettre à nouveau les mêmes erreurs tout en rendant hommage aux victimes expiatoires. C'est bien là la moindre des choses.

En se crispant ainsi, les autorités turques ont montré que non seulement elles ne se sont pas débarrassées du carcan nationaliste, mais encore que le poids d'un Islam qui n'a de modéré que le nom pèse lourd dans son fonctionnement.

Si on peut reprocher à la France de manquer de diplomatie dans son désir de faire reconnaître tous les génocides (peut-être aussi pour se racheter une conduite qui n'a pas toujours été exemplaire ni aussi regardante pour le pays "des Droits de l'Homme"), on ne peut pas nous accuser de ne pas avoir tendu la main à plusieurs reprises aux turcs sur cette question. Nier un génocide c'est le poursuivre en pensée, c'est comme nier un crime et faire des victimes des êtres inexistants et cela autorise, un jour, à recommencer. C'est tout simplement insupportable.

Je fais partie de ceux qui ont toujours été favorables à l'entrée de la "Sublime Porte" dans l'espace européen pour des raisons diverses, surtout historiques et culturelles et je le demeure. Mais pas à n'importe quel prix. La Turquie, oui, les islamistes et autres excités nationalistes, non car ils portent les germes des violences futures.

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11 décembre 2011

Calendrier QB 2012

La version web du calendrier Qaherabear 2012 est disponible en téléchargement (gratuit et gracieux comme il se doi(g)t) ICI

Ses pages sont configurées pour pouvoir, au besoin servir de fond d'écran. Si 2012 est une année riche en réalisations photographiques comme je le souhaite (avec la reprise des compositions-détournements des Desperate FrenchBears), la version 2013 devrait être plus variée.

J'aime certes me mettre en scène et jouer avec la vaste palette de la sensualité, je ne suis toutefois pas un monomaniaque de mon image et j'apprécie également la diversité :-). Il se trouve que dès lors que l'image des autres est utilisée dans une publication, cela devient plus complexe à mettre en oeuvre car il faut un cadre légal et des partenaires fiables... J'y travaille.

Pour information et pour ceux d'entre vous qui me font l'honneur d'un intérêt plus marqué :-), sachez qu'il existe une version papier du calendrier 2012, légèrement différente et commandable toute l'année chez Lulu.com. Pour cela, suivez ce lien.

015 Fond

 

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30 novembre 2011

Ruban rouge.

On confond encore trop souvent séropositivité avec SIDA, condamnant à demi mots les personnes portant en elle le virus à une fin plus rapidement programmée et tuant finalement tout espoir qu'un traitement efficace et moins invasif, moins contraignant que les trithérapies soit trouvé à une échéance acceptable.Cela fait partie des multiples erreurs qu'on continue à commettre.


Une autre est plus grave encore: croire que le VIH est "affaire de pédés" même si les contaminations comptabilisées sont plus importantes dans les communautés gays (peut-être précisément parce que là on les compte...). Beaucoup d'hétéros, jeunes surtout, imaginent que ce problème est loin d'eux et  cette inconscience est souvent renforcée par la prise de risques liée à l'alcool, aux moyens de se désinhiber. Les garçons attendent trop souvent des filles qu'elles sortes de leur sac la capote salvatrice au moment de passer à l'acte...Manque de responsabilité.


Troisième erreur: ne pas globaliser les moyens de prévention et traitement au monde entier. Avec les échanges incessants inhérents à la mondialisation, contenir le VIH efficacement n'est plus possible sans une stratégie globale, une approche repensée de la lutte. Et cela passe par encore plus de sensibilisation pour que les barrières archaïques (traditions, us locaux, religions...) et les considérations économiques (soins trop coûteux) sautent face à l'un des défis sanitaires de premier ordre (avec la lutte contre le paludisme mais aussi et moins prosaïquement, les maladies cardio-vasculaires...).
Dans les pays développés en particulier où la prévention est une réalité depuis maintenant de nombreuses années, on expérimente ses limites. Le nombre des contaminations ne diminue pas, ne stagne pas non plus mais continue de progresser. On dit que l'espoir trompeur dens les traitements modernes est responsable de cette situation. A mon sens, c'est exact mais ne constitue pas la seule explication. Les campagnes de prévention par le préservatif sous toutes ses formes et malgré les prouesses technologiques en la matière ne sont pas parvenue à transformer l'usage de la capote en un geste naturel.

Le paradoxe est flagrant: dans une prise de risque classique (drogue, alcool, vitesse, sport extrême etc...) le danger vient du défi lancé à une logique naturelle (résistance du corps humain, dépassement des lois de la physique...). C'est parce qu'on prend une substance psychotrope fabriquée par l'Homme, détournée de la Nature, donc non programmée dans notre fonctionnement biologique que des effets peuvent se révéler dangereux pour notre santé et pour notre vie. C'est parce que la vitesse n'est pas naturelle à l'être humain qu'il prend le risque d'en perdre le contrôle à bord d'une de ses inventions et d'en mourir.
Or quoi de plus naturel que le sexe? Pour la reproduction, certes, mais aussi et surtout pour l'équilibre physiologique et psychique. Mais le sexe "naturel" est devenu source de méfiance, source de risques potentiels et mortels. Il se considère avec circonspection et cela crée des frustrations évidentes et profondes.


Les maladies vénériennes graves ou invalidantes ont toujours existé car elles sont liées au fonctionnement de la mécanique humaine. Selon les époques, elles ont été ressenties de différentes manières: comme une malédiction, un châtiment ou une marque infamante, parfois même une curiosité ou une arme. La dimension morale y était étroitement liée.
Aujourd'hui encore nous n'y échappons pas et cette combinaison entre nécessité de prévention, frustrations par rapport à des pratiques sexuelles phantasmées mais considérées comme particulièrement dangereuses et raison entraine des excès dans un sens comme dans l'autre.


Dans l'univers gay où le sexe et son spectacle font partie des fondamentaux assumés, le barebacking, par exemple, fait florès tandis que, dans le même temps des associations, des personnes s'opposent avec des discours parfois très durs contre cette pratique qui apparaît comme totalement irresponsable au mieux et suicidaire au pire. Pourtant, si le barebacking existe et fonctionne si bien -malgré une certaine hypocrisie d'ailleurs- n'est-ce pas parce qu'il y a une forte demande et qu'on est prêt également à payer pour cela (productions X spécialisées)?
Le problème finalement, ça n'est pas le barebacking ici, c'est la façon de concevoir sa posture personnelle par rapport au sexe, à son ou ses partenaires. Le vrai problème qu'il faut résoudre c'est d'arriver à concilier ses envies profondes avec le respect de soi-même, de l'autre, des autres. Et c'est une vaste et complexe entreprise.


Les contaminations au VIH qui continuent, le SIDA qui charrie ses tombereaux de morts chaque année nous obligent à repenser nos certitudes et nos schémas, à dépasser aussi notre tendance aux jugements trop faciles. Même la plus dépravée des traînées, qu'elle soit masculine, féminine ou indéterminée ne mérite pas une condamnation à mort par le sexe parce que c'est un non-sens. Au moins une fois dans l'année, en ce premier jour de décembre, il est bon de réfléchir à tout celà.

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28 novembre 2011

Quelques arguments contre les homophobes

On se retrouve souvent démuni face à un discours homophobe qui prend par surprise, assez sournoisement d'ailleurs, et qui est même asséné avec des vérités fondamentales ou que l'on croit telles. Il arrive aussi que ces jugements à l'emporte-pièces se verbalisent avec un vocabulaire si fruste qu'on se demande si cela vaut vraiment le coup de tenter une explication, une tentative d'échange. 

"Les pédés c'est dégueulasse parce qu'ils s'enculent!" Mais encore? Il va sans dire que les observations de cette note ne peuvent pas décrasser un esprit définitivement englué dans la médiocrité. Pour que ces quelques arguments portent, il faut qu'ils soient entendus par un public doué d'un minimum de raison et d'une certaine curiosité.

A celui ou celle qui se dit choqué ou simplement gêné par l'homosexualité on pourrait dire ce qui suit.

L'homophobie est la manifestation d'une peur que l'on focalise sur le sujet particulier de l'homosexualité pour la détourner de son véritable objet: soi-même. Comme le xénophobe a peur de l'étranger parce qu'il incarne l'inconnu donc possiblement le danger, ce qui remet en question son modèle sociétal personnel, l'homophobe a peur de voir dans le gay une possibilité de ce qu'il pourrait-être lui.

Oui l'amour pour un individu du même sexe existe, un amour qu'on ne peut qualifier pudiquement d'amitié. Oui un désir sexuel fort entre gens du même sexe peut exister et apporter beaucoup de contentement, en tout cas autant qu'entre sexes différents: deux gigantesques coups de pied dans la château de cartes des certitudes judéo-chrétiennes pluricentenaires!

L'homophobie est violence. Contenue souvent mais parfois libérée brutalement dans une parole ou dans un geste. Elle trahit donc une faiblesse comme toutes les autres phobies et rend esclave celui qui en est atteint.

L'homophobie ne résiste pas à la raison. Elle est alimentée par ce qu'on a dit précédemment mais également par des connaissances erronnées ("qui fait l'homme? Qui fait la femme?") et souvent réductrices. L'homosexualité ne saurait se réduire à une simple sexualité (=façon de procéder lors des rapports sexuels) bien que l'acte physique y ait une place d'importance. C'est davantage une manifestation de la capacité humaine à l'amour, à l'attirance.

L'homosexualité au sens sexuel du terme n'a pas pour finalité la reproduction. L'hétérosexualité, si. Pourtant l'être humain, de quelque bord qu'il soit a d'abord toujours recherché dans sa grande majorité l'aspect ludique et hédoniste du sexe, le détournant de son objectif "naturel". Pourquoi donc la sexualité gay serait-elle moins acceptable que l'autre?

Par ailleurs, les jeux sexuels, la fantasmagorie, qu'ils soient de l'un ou de l'autre univers tournent autour des même grands thèmes. On y retrouve par exemple les interdits, les déviances, les perversions, la violence maîtrisée... Qu'on soit une Barbarella vêtue de cuir et maniant la cravache devant un homme docile à ses pieds, ou un colosse poilu bardé de ceintures cloutées le chat-à-neuf-queues à la main prêt à marquer le dos d'un "esclave" ligoté sur une croix de St-André, on se nourrit de pulsions similaires. En quoi la seconde situation serait-elle moins acceptable que la première?

Dans son cheminement personnel, un homosexuel doit souvent passer par une deuxième naissance, extrêmement pesante et douloureuse: celle de son "coming out". L'adolescent ou l'adulte qui a réussi à grand renfort de subterfuges à cacher sa véritable identité à son entourage prennent, à un moment, la décision d'affronter leurs peurs, de quitter le placard, même s'il faut générer des drames. Cette deuxième naissance, cette longue maïeutique est inconnue des hétérosexuels (à l'exception de quelques cas liés à des logiques familiales complexes). Ne mérite-t-elle pas le respect?

Pourquoi devrais-je concevoir de la honte pour ce que je suis alors que cela me dépasse et fait partie intégrante de mon être? Je le pourrais éventuellement si ma "différence" résultait d'un choix personnel. Mais cela n'est pas le cas: quel gay, quelle lesbienne peut dire: "je suis homo parce que je l'ai choisi, un jour comme ça"? Que l'on croie ou pas aux puissances immanentes ou à la destinée, cela ne change rien: nous n'avons pas choisi ce que nous sommes, le hasard et l'enfance nous l'ont imposé et l'on doit vivre avec. Je dénie donc à quiconque le droit de juger que ma nature est moins bonne que la sienne.

Entre les civilisations humaines diverses et originales et les "anomalies" du règne animal que l'on montre en exemple, on voit bien que l'homosexualité n'est pas accidentelle, qu'elle ne résulte pas d'une chaîne d'erreurs et qu'elle a traversé les temps. Elle ne constitue pas un épiphénomène que l'on peut étudier au microscope. Et bien présomptueux sont ceux qui imaginent en donner une explication scientifique basée sur une modélisation: l'inné ou l'acquis? Quelle importance dans le fond?

Si on répondait avec certitude à cette question, pourrait-on éradiquer l'homosexualité pour autant. Non, parce qu'elle est intrinsèquement liée à l'histoire et à la psychologie humaine.

Celui qui se sent mal à l'aise face à un individu dont il ne perçoit pas tout de suite le genre, celui qui l'est également face à un homme maniéré ou à une femme très masculine doit se demander pourquoi il ressent cette impression et ce qu'elle réveille en lui. Ce travail sur soi-même est salutaire.

Les religions monothéistes en particulier ont toujours condamné l'homosexualité -qui n'est d'ailleurs un problème que pour les Hommes si on part du principe que le Créateur a composé un monde qui, au demeurant, était programmé pour la perfection- parce qu'au delà de la logique de reproduction donc de survie de telle ou telle peuplade, c'est la question de la liberté qui se pose. En ne se coulant pas dans les modèles élaboré par les sociétés humaines, l'homosexuel a toujours fait valoir sa différence et donc sa capacité à voir autrement, sous un autre angle. Pas meilleur ni moins bon, juste autre. Cette indépendance imposée par le rejet de la communauté a souvent été payée au prix fort.

C'est d'ailleurs pourquoi il me semble illusoire aujourd'hui de revendiquer le "droit à faire comme tout le monde" tout en réclamant celui à la différence...Il y a là une forme de hiatus et tout le défi à venir consistera à l'aplanir.

On le voit bien, au même titre qu'aucun argument sérieux ne peut justifier les distinctions et les classements faits à partir d'une couleur de peau ou d'une texture de cheveux, pas un n'excuse l'homophobie qui demeure, avant tout, le miroir perverti de la personnalité de l'homophobe.

QB Rx.Urso.

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22 novembre 2011

Vague anti-homo, pourquoi les pétitions sont vaines

Comme beaucoup de gens éclairés, je suis aterré par les récentes nouvelles qui arrivent d'un peu partout en Europe et qui, climat de crise aidant et justifiant tout, montrent que les homos servent encore et toujours de boucs-émissaires. On rogne des lois par ici, on menace par là, on musèle. Ce que l'on croyait acquis ou en voie de modification est vite remis en question dès lors que change une majorité ou que des difficultés financières apparaissent...

Contre cette vague qui monte et vient de loin comment réagir efficacement? C'est bien là tout le noeud du problème. La Russie s'apprête à "voter" (attention à l'acception du terme dans un pays qui n'a de démocratique que l'étiquette officielle) une loi interdisant purement et simplement aux gays et transgenres de s'exprimer. Cette idée n'est pas nouvelle, elle couve depuis longtemps déjà. Si elle réapparaît là, fort à propos, c'est évidemment pour des considérations électoralistes. Poutine et Medvedev n'ont pas nécessairement le vent en poupe mais ils sont encore suffisemment puissants pour faire assassiner des journalistes ou verrouiller les hypothétiques choix de l'opinion. On ne peut pas demander à des moujiiks formés à lécole du Communisme soviétique d'être éclairés autrement qu'à la bougie. Le Russe de base n'aime pas les gays, comme d'ailleurs la majorité des hétéros de la planète, ne nous leurrons pas. Quand on propose de museler les "déviants", on s'assure de son électorat, c'est aussi simple que cela.

Alors proposer une pétition pour peser dans la balance n'a aucune, mais aucune efficacité. C'est, au mieux, juste un témoignage de soutien et de compassion mais cela demeure un coup d'épée dans l'eau.

En effet, qui aujourd'hui, parmi les chefs des grands états démocratiques, les vrais, ira dire à MM Poutine et Medvedev que leur projet est intolérable? Que pèsent les gays et, plus généralement, la liberté d'expression face à des marchés énergétiques sans limites, à des positions géostratégiques, à des décisions sur l'échiquier mondial? Qui s'est ému au plus haut niveau de l'assassinat de Politkoskaïa ou de la situation en Tchétchénie? Personne, ou alors à mots diplomatiques.Alors les gays la dedans...

Moi je voudrais qu'on arrête de répondre à la provocation et à l'ignominie par des pétitions, des manifestations, des concerts ou des brassées de fleurs "pour la paix dans le monde!". Je voudrais qu'on utilise les armes des adversaires: le lobbying intensif, la loi, le droit, les procédures. Qu'on ne lâche pas les haineux, qu'on les houspille comme les Harpyes, en permanence, pour les avoir à l'usure. Qu'on éduque toujours plus, qu'on montre à tous ces crétins d'homophobes, que ce soit mon voisin ouvrier électricien ou le gouverneur d'un Etat américain en passant par les intellos de tous poils, qu'on leur montre que ce sont des imbéciles qui se ringardisent et s'enferment dans des discours qui n'ont pas d'issue à terme sinon celui de la violence.

Pour cela il faudrait que nous pesions davantage, nous autres les homos, transgenre, "déviants" et autres "anormaux" aux yeux de ceux qui ne comprennent rien, que nous pesions efficacement dans les décisions et l'action et pas que dans les déclarations de principe. Cela passe aussi par notre attitude de citoyens, de consommateurs. On ne pourra aider "la cause" avec justice et justesse que le jour où l'on mettra au second plan les classifications internes entre lestrop-ceci ou pas assez-cela, les concerts de Lady Gaga et de nos autres icônes, les sauteries européennes à Sitgès ou Mykonos, la folie fashionista, la geek-manga-japono attitude, le culte de l'apparence à tout prix...

Le sérieux et l'implication dans les choses du monde n'ont jamais empêché de savoir s'amuser et profiter des bonheurs de l'existence. Toutes ces crises et ces crispations autour de ce que nous sommes doivent impérativement nous recentrer sur le principal. Une pétition pour aider les Russes n'est ni plus ni moins qu'une façon de se dédouaner. Un coup rapide d'indignation, juste ce qu'il faut et puis retour a la "real life".

Or aujourd'hui, cela n'est plus suffisant.

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13 novembre 2011

Quand le roi marie...

Dans une soirée d'anniversaire pleine de sourires et de convivialité, il y a deux ans, Elle me dit "nous allons nous marier mon homme et moi en 2011 et je voudrais que ce soit toi qui nous unisses." Je suis étonné et vaguement surpris aussi. Moi? Pourquoi moi alors que nous ne connaissons finalement que depuis assez peu et que nous n'avons pas partagé de nombreux souvenirs?

"Parce que je sais, explique-t-elle, que tu saurais faire quelque chose qui aurait toujours plus de sens que tout le tralala religieux auquel nous ne croyons pas. Je veux ma meringue blanche oui, c'est vrai, mais je veux aussi que cette fête ait du sens, qu'elle réunisse les gens que j'apprécie."

Je ne me souviens pas avoir alors vraiment répondu. Il y a deux ans, le Rex ursorum existait déjà en moi mais il était sans doute moins "présent", son concept moins élaboré. Marier un couple... C'est un acte purement symbolique, a fortiori quand la Loi de son pays n'a accordé aucune autorité pour le faire, alors comment procéder quand tout est a réinventer et faire "comme si "avec quand-même le sérieux nécessaire et une certaine solennité?

Les mois ont passé. J'ai perdu de vue les copains chez qui nous avions organisé cette fête d'anniverasaire. Leur couple a volé en éclat et personne n'avait rien vu venir. Le choc puis les questions. Des problèmes de communication et des tensions aussi. Je me suis éloigné. Et puis, il y a moins d'une année, Elle m'envoie un mail et me rappelle qu'elle compte vraiment sur moi pour ce mariage.

Je décide alors que non seulement je le ferai, mais qu'il sera le premier et qu'il y en aura d'autres. Quand on est passé devant le Maire et qu'on ne veut pas d'un prêtre, que l'hypothétique bénédiction d'une hypothétique divinité n'a pas de sens dans le coeur de ceux qui veulent officialiser leur union lorsqu'ils recherchent du sens, à qui d'autre qu'au roi des ours pouvaient-ils s'adresser?

Ainsi ai-je donc procédé. J'ai passé un certain temps à mettre au point le Rituel de la cérémonie, puisant dans les traditions les plus anciennes et les plus belles de notre culture européenne si fortement influencée par les époques passées. Quand le texte fut prêt, il devenait clair que cette démarche, hésitante au départ, prenait de l'envergure.

C'est dans un grand jardin, sous les arbres de septembre qu'ils se sont dit oui et qu'ils ont échangé leurs consentements devant moi. Il y avait dans l'assistance des enfants, des aînés, des hommes et des femmes qui m'étaient inconnus, des hétérosexuels, des gays, et même le Maire qui avait procédé deux heures auparavant à l'union civile sous le regard de plâtre de Marianne.

Mon micro était un peu trop bas, certes, mais mes paroles ont eu bien plus d'écho que ce que j'avais escompté. La plus belle récompense que j'ai pu recevoir fut de sentir que cet acte finalement si simple, si plein d'humanité -relier deux personnes aux grandes forces de la Nature et leur faire prendre conscience de leur importance pour l'autre et pour les autres- avait effectivement donné du sens à cette étape de vie.

Elle et Lui auraient pu faire semblant et se marier dans un lieu sacré, ils ne s'y sont pas résolus et m'ont donné leur confiance. Je vis dans un pays qui refuse encore aux gens du même sexe de contracter pareille union, à la fois civile et spirituelle, pour de mauvaises raisons: celles nées d'une peur irraisonnée et de vieux archaïsmes.

Je n'ai pas le pouvoir de faire changer cette loi, mais j'ai celui de donner à celles et ceux qui le veulent la reconnaissance symbolique du lien particulier qui les relie. Et mon pouvoir n'est finalement qu'une faculté humaine certainement plus tangible que celui d'un religieux.

Dans la religion de mes pères, dans celle qui m'a culturellement influencé, il est dit que chaque homme, du jour de son baptême, devient à la foi prêtre, prophète et roi. C'est donc en tant que roi, Prince de Personne et Souverain de Nulle-part, que j'ai officié et que je procèderai encore pour toutes celles et ceux qui feront appel à moi.

 

La gerbe!

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10 novembre 2011

Hypocrites

La relation complexe, conflictuelle et hypocrite que la culture américaine entretient avec ses différentes formes de sexualité ainsi que leur expression se trouve parfaitement illustrée dans les grands réseaux sociaux de type FaceBook ou Google +.

En effet, si tout y est publiable, avec force paramètres dans le cas de FB (à tel point que cela en devient hermétique et opaque), les notes et images érotiques, ou franchement pornographiques, ne sont toutefois pas les bienvenues.

Cela est clairement annoncé dès le départ dans les "Terms of Services" qui doivent être acceptés lors de l'ouverture d'un profil et on peut comprendre qu'il faille protéger le plus jeune public en particulier de textes ou d'images qu'il ne serait pas en mesure de recevoir. Cela dit, on se rend vite compte que ces espaces dédiés à la création de communautés d'"amis" ou de "cercles" n'échappent pas à la tentation car les sexualités, les orientations sexuelles sont fédératrices. Le Net en général foisonne de pornographie, souvent à visée mercantile d'ailleurs, c'est un relai précieux à tous les trafics et surtout à ceux de la chair.

Il y a bien des cyber-gendarmes internes ou des modérateurs qui ferment les profils jugés les plus sulfureux mais la traque semble être à géométrie variable...

FB qui a fait de l'intrusion dans la vie privée un mode de fonctionnement et dans le vaste espace mondial duquel on trouve aussi des goupes se constituant pour insulter, brocarder, vilipender tel quidam (un gosse tête de turc de son école, par exemple) ou tel personnage public, joue pourtant à la vertu dès qu'il s'agit de sexe.

Google + semble, à son tour, agité par la question: peut-on parler de sexe, le montrer dans un espace personnel? Dans l'affirmative, ne faut-il pas le cantonner à des "cercles" restreints? Je lis des publications très intéressantes à ce sujet, encore plus lorsqu'elles émanent de gens qui s'effarouchent en étant toutefois étrangement bien documentés sur la question parce qu'on les retrouve s'encanaillant auprès de pseudos évocateurs...

Qu'on ne me dise pas que les cerveaux qui ont développé les réseaux sociaux n'ont pas une seule seconde imaginé qu'ils puissent aussi servir à véhiculer des choses "interdites", qu'elles soient subversives ou sexuelles. On a ouvert des espaces de totale liberté de communication -non sans risques d'ailleurs pour les libertés individuelles- et on s'étonne que les gens y parlent aussi du côté plus sombre, plus interdit de leur personnalité?

J'ai ouvert un compte d'artiste Bear sur FB il y a quelques jours, n'y publiant que des liens renvoyant aux documents les plus sexuels sur d'autres sites moins regardants. Malgré ma volonté de réduire au maximum l'accès de cet espace à mes seuls "amis" pour éviter toute visite fortuite d'un pubic non averti, je me suis vite rendu compte que le programme rendait cela très difficile puisque les posts étaient, de faits ouverts au public avec impossibilité de changer ce paramétrage. Et lorsque j'ai souhaité cloturer ce compte, FB m'a imposé un délai de 15 jours avant que l'opération ne soit effective!

J'ai donc pris le parti de tenter la même inscription sur Google + en jouant le jeu de la confidentialité (utilisation du "cercle d'amis" comme filtre à mes publications les plus "frontales") mais sans me compliquer par l'utilisation de liens renvoyant sur d'autres espaces. On verra combien de temps cette entorse au sacrosaint puritanisme américain résistera.

Dans ce que je montre, dans ce que j'écris, la pornographie a aussi toute sa place. Je ne vois pas pourquoi, ni au nom de quoi, à partir du moment où j'utilise les bons instruments pour ne la rendre accesible qu'à un public adulte et averti, il me faudrait me passer des réseaux sociaux sous prétexte qu'ils ont fait de l'hypocrisie pudibonde un écran de fumée masquant ce que j'ai à partager.

Qaherabear sur Google +  c'est ICI

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31 octobre 2011

La lilloise

"La Lilloise", c'est finalement comme "la parisienne" de Marie-Paule Belle, mais adaptée au contexte qui est le mien quand je regarde autour de moi:

Je ne suis ni geek, ni Apple Addict,

je ne suis fidèle à aucune série télévisée en particulier, même s'il m'arrive d'apprécier telle ou telle,

je ne cours pas les concerts de Mylène, Kylie, Lady Areuh (pardon, Gaga), Madonna,

jusqu'à hier, je ne savais pas qui était Adèle... Les comédies musicales ne me font pas toutes spécialement vibrer,

j'aime la musique électronique, certes, mais je ne ressens pas non plus d'émotion à voir oeuvrer un DJ et je me lasse vite quand on ne fait que "produire du son".

Je n'ai ni Wii ni DS, ni PS à la maison,

Je fuis toute violence excessive au cinéma, j'ai l'épouvante en horreur...

je ne m'ébroue pas dans tous les saunas ni ne me montre dans les "places to be" comme Berlin, Londres, Sitgès, Euro-ceci ou Méga-cela...

Les seuls bars à Ours que j'ai fréquentés accessoirement ne m'ont pas laissé d'impérissables souvenirs,

les boîtes à musique ou les dédales à stupre me mettent mal à l'aise,

"Ah mon Dieu je désespère!/Je n'ai pas de goût pervers, de goût pervers!"

Si, quand même: j'adore le stupre :-)!

Je ne suis pas couvert de tatouages représentant une empreinte d'ursidé ou l'ursidé lui-même...

Et je dois en oublier!

Franchement, avec tout ça, comment voulez-vous être un "bon Bear", bien dans le moule? C'est un sacré challenge.

Ma culture à moi est classique, internationale, vaste et curieuse. Mes lieux à moi sont aussi divers qu'un désert, une pyramide, un aéroport, une ville sortant de la mer. Ma technologie à moi est au service de ce que je crée et non pas l'inverse: je caresse les touches de mon clavier mais je peux aussi taper dessus quand elles bloquent mon élan... Mon téléphone portable ne me sert qu'à téléphoner ou envoyer quelques messages, il n'a rien de "smart", il est usuel.

Mon bonheur à moi, il est fait de belles rencontres, de communion d'esprits se branchant tous sur cette indescriptible et passionnante noosphère, de moments câlins, de fantasmes débridés et de bouffes pantagruéliques...

 

DSC0830811pm

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