Qaherabear Rex Ursorum

08 juillet 2014

L'électricien

Une voiture qui roule sur les graviers de l'allée et qui passe au pas devant la maison.

Je somnole vaguement, penché sur un livre. La digestion commence à faire ses ravages dans ma capacité de résistance au sommeil qui monte.

Ca doit être l'électricien qu'on attend pour régler ce problème d'ampérage dans la maison attenante au domaine familial et qui devra bientôt accueillir des gens de passage.

Le temps n'est pas mirobolant pour un mois de juillet. J'entends mon père accueillir le professionnel et discuter un peu avec lui. Il est déjà intervenu ici.

Je continue à somnoler un moment puis je me dis que cet état de demi conscience me fait un peu trop divaguer en me plaçant au seuil du réèl et de ce qui l'est un peu moins. Il faut que je me secoue et que je sorte de cette douce torpeur.

Un peu d'eau fraîche passée sur mon visage m'y aide. Je dois descendre au jardin, prendre un peu l'air lourd et orageux du jour, respirer cette odeur si particulière de terre mouillée. J'ai promis d'accompagner ma mère pour faire quelques courses dans la petite bourgade d'à côté.

Je me rapproche de la maison attenante et j'entends sa voix qui se mêle à celle de mon père. J'entre dans la cuisine fraîchement inaugurée et encore dans une relative pénombre parce que le disjoncteur général est coupé.

C'est d'abord de dos que je l'ai vu et je me suis demandé un fraction de seconde si j'avais bien quitté le monde du demi-sommeil dans lequel j'étais encore quelques minutes auparavant.

Petit, râblé, cheveux noirs et courts, avants-bras bien épais sortant de manches lâches, mollets puissants surgissant d'un bermuda. Dos de rugbyman. Il écoute ce que mon père lui dit, un tournevis à la main. Le plancher craque un peu au passage de mon pied et il se retourne.

C'est alors comme une vision au scanner 3D. Tranche après tranche son corps et son visage m'apparaissent. Sublimes, avec cet étrange mélange de faux négligé et de sensualité irradiante. Un cub. Un vrai. A la fois carré et rond, juvénile et viril, barbe dense et petites lunettes, courbes du ventre et creux au dessus des fessiers bien galbés...

Je le vois et je le désire instantanément. C'est fulgurant. J'ai des flashes pornographiques mais en rien dérangeants. C'est beau, une explosion de feu d'artifice. Ca ne dure qu'une nano-seconde mais le trou dans l'espace-temps est là, je m'y engouffre. D'autant plus que c'est la surprise totale...

-Mon fils, dit mon père en me désignant du menton.

Grand sourire de l'électricien qui porte un nom italien au nom imprononçable.

-Enchanté, fait-il

Je me compose un masque de circonstance, comme le Néron du Britannicus de Racine. Je ne peux lui tendre la main car une large table nous sépare. Pourtant j'aurais bien calé sa paume contre la mienne. Sa bouche est sensuelle sous la moustache. Mais je dois rester neutre, presque "tenir mon rang" et ne rien laisser paraître de ma lubricité ni de mon trouble.

Je lui réponds aimablement avec un sourire appuyé.

Il reprend son ouvrage tandis que ma mère déplace une chaise pour qu'il soit plus à l'aise dans ses mouvements. Ce mec a dû en toucher des ballons de rugby. Je le vois en short, en crampons, puis tout aussi rapidement, nu dans un vestiaire fumant.

Encore un peu. Rester encore un peu! Je l'enlève, je l'écarte, le soupèse, le gobe, le fourre tout entier... J'ai le chambranle de la porte juste derrière moi, il se loge entre mes fesses et là j'ai l'impression que c'est lui, cet inconnu, qui s'apprête à me soumettre.

Et tout ça sans bouger. Tout ça sans que la plus petite aiguille du cadran de la pendule accrochée au mur d'en face ait eu le temps de trotter plus de 15 fois sur son parcours!

Folie de l'imaginaire connecté à cette fascination pour les hommes, pour les mâles...

Pourtant, il faut bien qu'à un moment cette même aiguille revienne dans le temps concret du cadran. Ce moment là est souligné par un petit rai de soleil se faufilant entre deux gros nuages pour traverser l'une des fenêtres de la cuisine et venir faire briller un anneau d'or à l'annulaire gauche de l'électricien.

Un anneau tout ce qu'il y a de plus traditionnel dans cet endroit de France où les hommes ne se marient pas encore entre eux en nombre.

Un cub, un mari et peut-être même un papa. Une bombasse qui ignore sûrement tout de son pouvoir explosif. Je le lui aurais bien révélé, en privé, ma langue caressant son oreille...

Mais la fulgurance s'évapore et les courses se rappellent à mon bon souvenir. Restent les mots et cette subtile caresse le long de mon entrejambes quand je les écris.

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30 juin 2014

Je ne vous aime pas...

MADAME BOUTIN, je ne vous aime pas. 
Enfin, c'est plutôt tout ce que vous représentez que je j'ai en abomination. Je n'ai aucun avis sur votre personne, sur votre individualité ni sur la façon dont vous menez votre existence de femme libre. Je ne me permettrais pas. 
Quand je dis que je ne vous aime pas, comprenez bien que ce sentiment à l'endroit de votre action et de vos discours politiques n'est pas comparable à une insulte publique qui me placerait sous le coup de la loi. 
Cependant, il faut tout de même se rendre à l'évidence: aussi grand guignolesques que soient vos interventions, sous un voile en Iran ou sans, elles contribuent à souffler un peu plus de violence sur la braise des vielles rancoeurs et des haines mal maîtrisées...

Je n'aime pas le discours que vous véhiculez, madame, mais je ne suis pas solidaire de celles et ceux qui s'amusent à vous désigner à la vindicte publique en vous brocardant, par exemple, devant 80.000 personnes. Je ne trouve pas le procédé très glorieux. Trop facile pour être totalement honnête.
Quand on combat un ennemi, on le fait avec des armes dignes et nobles, avec le verbe et l'écrit, pas en haranguant des foules facilement acquises. Parce que ce sont justement les procédés que l'on reproche à ceux qui nous détestent, tous ces démagogues qui utilisent leurs enfants comme des boucliers et qui savent si bien entretenir les peurs.
Alors que tout le monde des bien pensants semble se réjouir des "humiliations" que vous subissez, moi je les trouve vaines et inefficaces car elles ne vous feront pas prendre conscience de la portée ravageuse de vos discours et parce qu'elles répondent à leur violence par une autre forme de violence.
Les gens comme moi n'ont aucun intérêt à ce que vous deveniez icône ou martyre, même si votre foi vous y prédispose, apparemment.
Madame Boutin, je ne vous aime pas mais je suis vigilant sur le fait qu'on ne manque jamais de respect à votre dignité, même si vous-même, par vos discours, vous donnez blanc-seing aux exactions que commettent les autres sur des personnes comme moi.

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18 juin 2014

Consommateur éclairé

ETRE CONSOMMATEUR responsable c'est être citoyen responsable et, par dessus tout, homme ou femme humaniste.
Alors, avant que d'aller te laver la conscience en mettant un bulletin Vert dans une urne ou en triant occasionnellement tes déchets (sans savoir vraiment où il vont), commence par suivre ces quelques règles quotidiennes qui n'ont rien de vraiment contraignant et qui restent dans le domaine du réaliste.

1. Renseigne-toi. Dès qu'un article de presse, un reportage télé ou Internet traite d'une filière de consommation ou alerte sur des pratiques douteuses, prends le temps de le lire ou de la regarder. Tu feras ensuite ton propre travail de réflexion. N'oublie pas que plus l'Homme est informé plus il devrait être libre.
2. Consomme moins et mets quelques euros de plus dans un vêtement, pas forcément de marque d'ailleurs, et il y a de fortes chances pour que son tailleurs indien ou sa couturière du Bangladesh soient traités avec un peu plus de considération que dans d'autres entreprises (bien que ce ne soit pas le paradis, restons lucides!).
3. Cible mieux tes besoins: peux-tu attendre avant d'acheter que le marché se normalise? As-tu vraiment besoin de renouveler cet équipement tout de suite?
4. Mange de saison. Des fraises en hiver, c'est aberrant. Préfère les filières courtes et méfie-toi des Etats qui pratiquent le dumping social (surexploitation de ma main d'oeuvre étrangère en Espagne par exemple...).
5. Débusque les "vraies-fausses promotions", qui vendent en lot bien plus cher qu'au kilo et créent le besoin de l'abondance de produits qui arriveront tout de même assez vite à date de péremption.
6. Renseigne toi sur les dates de péremption et sur leur réelle validité: il y a des denrées qui restent consommables bien après la date indiquée sur l'emballage.
7. Loue, échange, donne, récupère tout ce dont tu n'as pas l'utilité à l'état neuf. Il y a toujours une personne qui pourra t'être utile ou qui saura recycler.
8. La veille des appareils électriques, c'est très pratique mais ça consomme. Alors, si tu ne veux pas te passer de ce confort, fais des économies d'énergie ailleurs chez toi (minuteries, lumières à éteindre quand tu quittes une pièce...).
9. L'eau en bouteille, c'est pour le fun et pour apporter des éléments spécifiques de temps en temps. Pour le reste, celle du robinet est parfaite dans pas mal de régions de France. Laisse-la reposer en carafe ou filtre-la et tu auras le meilleur cru du Château-la-pompe !
10. Fermer un robinet entre deux actions, ou mettre une bonde à l'évier, au lavabo font partie de ces réflexes qui préservent les ressources et le compte en banque...
Il en existe bien d'autres et cette liste est loin d'être exhaustive, elle montre juste qu'il suffirait de presque rien au quotidien pour que les comportements obligent les décideurs à choisir des voies meilleures que celles prises depuis les Trente glorieuses...

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17 juin 2014

Grèves...

I . A défaut d'argument raisonnable pour justifier le maintien d'un "mouvement social", un gréviste du secteur public finit toujours par dire:
1/ que lui-même n'est pas un privilégié
2/ qu'il se mobilise pour défendre l'intérêt du public ou d'un service public
Quel sens de l'abnégation! On en pleurerait.

II. Dès qu'il faut "faire la révolution" par la pression, la grève et les menaces, tout le monde se trouve uni pour bloquer la circulation, occuper des voies, prendre des usagers ou des patrons en otage.
En revanche, dès lors qu'il faut proposer des solutions aux problèmes ou se relever les manches pour produire plus de travail, adieu le belle union des paysans des intermittents et des cheminots...
Les mêmes imbéciles bas-de-plafond qui trouvent que le festival d'Avignon c'est un "rendez-vous de pédés" sont copains comme cochon en ce moment avec les précaires qui en assurent les coulisses.

Sous la IIIème République, pourtant de gauche, on aurait fait donner la cavalerie pour moins que ça... Trop de grèves tue la grève. Trop de prise d'otages nourrissent les rancoeurs. Certains malins sauront en profiter.

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16 juin 2014

Grève.

DEMONSTRATION simple et pragmatique:
1/ Baccalauréat + examens officiels divers = droit garanti par l'Etat qui en assure la mise en place et le bon déroulement.

2/ Liberté de circulation= liberté fondamentale garantie par la Constitution et la Loi.
Si la SNCF, société d'Etat n'est pas en mesure d'assurer le moyen de satisfaire à cette liberté devenue nécessité dans le cadre des épreuves d'examens, ils revient à l'Etat de prendre le relais pour garantir ces deux droits.

Ce qui signifie: REQUISITIONS et CONTRAINTES éventuelles afin qu'un service public minimum soit garanti.
Le bras de fer entre syndicats grévistes et gouvernement n'a pas lieu d'être puisque le droit de grève ne légitime pas la restriction des libertés fondamentales d'autrui. En d'autres termes si faire grève consiste à prendre le citoyen en otage, ses représentants ont le droit, en réponse, à la fermeté.
Les moyens d'expression sur le terrain de cette grève étant illégitimes, il faut donc la briser. Une poignée de privilégiés, a fortiori, n'a pas à imposer ses desiderata.
Dans une démocratie, ce n'est pas la rue qui gouverne.

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On sait aussi s'amuser

AU ROYAUME PARALLELE on sait aussi s'amuser. 
Il n'y a pas plus de prudes et de coincés ici qu'ailleurs dans le monde réel.

Mais on s'amuse sans bourse trop délier. Enfin, sans que ce soit un préalable institutionnalisé ou excessif. Chacun participe à sa manière, en payant son écot ou en offrant ce qu'il sait faire de mieux. Parmi les spécialités, le Rex prend un immense plaisir à déguster les inénarrables cocktails de la Maison du Dauphinours ou encore les desserts soignés du Grand des Cuisines et du Maître des Bois du Roi...

Au Royaume parallèle, il n'y a point de cour autour de DJ stars ou de superbes mannequins imprimés en 3D, vivants et toujours inaccessibles. Point n'est besoin de harnais ni de promiscuité suante pour que les gens se sentent bien et se rapprochent dans la sensualité. Les festivités se font au soleil, en plein air ou autour d'une table, d'un buffet bien garni. Point besoin de "dress-code" ni de danses de séduction.

La fête, ici, n'est pas un "concept" ni encore moins une "marque déposée", elle est naturelle, spontanée. Elle s'appuie sur la mesure et la bonne volonté de chacun des participants, ce qui, en somme, illustre toute l'identité de ce royaume atypique dans lequel la réunion des cerveaux et des esprits vise à produire le meilleur.

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15 juin 2014

Message dans une bouteille

MESSAGE dans une bouteille destiné à un ami qui se reconnaîtra.

Tu ne dois pas choisir de maintenir la vie pour de mauvaises raisons. Tu as le pouvoir de décider de couper le fil pour éviter que la souffrance et la déchéance ne s'emparent de ce corps animal qui ne sera bientôt plus que douleur sans paroles.
Alors coupe-le.

Ce que tu ne peux faire pour un homme, parce que la loi n'a pas encore pris la juste valeur des choses, fais-le pour ton animal compagnon de route à qui tu as donné de fort belles années.
On ne sait ce qui se passe dans sa tête, on lui prête peut-être des sentiments trop grands ou pas assez profonds. On s'égare sûrement, dans un sens comme dans l'autre.

La médecine peut faire durer ou donner l'illusion de gagner quelques jours, quelques heures. Pourquoi faire? Avoir un peu plus de temps pour se préparer à la séparation inéluctable? Tu sais au fond de toi même ce qu'il en est depuis bien longtemps. Alors, fais abstraction de toi, pense à cette existence animale qui se termine et dont tu vas faciliter le passage vers un possible ailleurs.

Rien n'est durable ni permanent dans notre monde en rotation. Partout ce qui meurt nourrit ce qui naît et qui vit. Le jeu des âmes, le jeu des forces fonctionne grâce à cet échange perpétuel. Je sais que ta raison le sait.
Elle doit guider ton coeur. Pas d'acharnement vain. Il te faut passer à autre chose, à d'autres perspectives: le souvenir est là pour assurer l'éternité et nos animaux-compagnons courent toujours autour de nous comme ce "patronum" bienfaisant de la magique saga.

Il y a un temps pour le vide, et un temps pour la plénitude. Si tu laisses les regrets, les remords, les atermoiements et le sinistre envahir ta vie, alors tu passeras à côté des mains qui se tendent vers toi.

Laisse partir ton chien pour voir à nouveau le monde qui t'entoure avec des yeux neufs, sentir ses parfums avec un nez nouveau. Comme tu le ferais après le grand départ d'un humain, mais plus urgemment encore, car la vie n'attend pas. Tu peux descendre quelques instants de son train mais tu dois vite y remonter avant qu'il n'ait repris sa vitesse de croisière.

De loin je t'accompagne, comme beaucoup d'autres, regarde juste autour de toi, si près de toi. Il y a des choses de l'intime et de l'indicible viscéralement attachées à son moi profond et puis il y a le reste, ce qui peut se verbaliser et se partager.
Alors, ne ferme pas les yeux: prends la juste et sage décision.

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Les ours te gardent

Quand je te dis, en posant ma main sur toi "le roi te touche, les ours te gardent", sois assuré que je te souhaite du plus profond de moi le meilleur. Pour l'instant où je te croise et pour la durée.
Je ne fais ainsi rien d'autre qu'être avec toi un humain conscient de son humanité et qui l'offre en gage de paix. J'appelle sur toi les bonnes choses invisibles qui nous rattachent à notre animal hypostase parce que nous avons tous besoin de protection et d'un soutien des forces cachées qui nous entourent. Il faut juste que quelqu'un, à un moment, le verbalise et transforme le souhait en gestes.
Les yogis et les gurus des Indes touchent les voyageurs, les sages des peuples d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie le font aussi. Il en est même qui les embrassent parce que c'est au contact de l'autre qu'on désarme les peurs et qu'on recharge les karmas, le Qi et les ka.
Alors, ne cherche pas à comprendre, laisse ton esprit cartésien décrocher un temps. 
Laisse ton cerveau rejoindre la noosphère. 
Laisse-toi faire avec le coeur léger.

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09 juin 2014

Le vieux con du FN

LE VIEUX CON est toujours plus dangereux que le jeune, parce qu'il a de l'expérience et de l'entregent. Jean-Marie le Facho-nista du F-Haine est définitivement un vieux con indécrottable sous ses fulgurances de tribun et son excellente maîtrise de la langue française. 
L'une des particularité des "cons des neiges d'antan" est d'arriver à mettre la zizanie dans leur propre sphère familiale ou amicale. Ici, ce serait plutôt une bonne chose puisque cela contribuerait à fissurer un peu plus le sourire forcé des Gars de la Marine.
Toutefois, ce ne sera pas suffisant et les vieilles carnes ont la vie dure. Dans un autre temps, le contenu poudreux d'une bague à secrets judicieusement délayé dans une verre de vin servi lors d'un cocktail eût fait l'affaire. Aujourd'hui, c'est plus compliqué. Et même si cela n'est pas bon pour le kharma, il faut espérer que la dame à la faux ne tarde plus à passer chez cet encombrant vieux con cravaté, comme d'ailleurs chez d'autres qui se complaisent à répandre leurs propres venins variés et empoisonner la société toute entière..

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06 juin 2014

D-Day privé

RUES BARREES, quartiers bouclés, cordons de sécurité, police, armée, services secrets. Plages quadrillées, petit peuple tenu à distance. Petit peuple privé des commémorations du D.Day avec ses Grands.

Juste des images qui lui sont données en guise de nourriture pour faire comme si. Comme s'il se passait quelque chose. C'est beau toutes ces fanfares, tous ces uniformes C'est beau mais ce n'est juste qu'une garden party pour puissants qui se délectent à la table du château, règlent en tranchent leurs petites affaires, toujours à bonne distance respectable des gens, des vrais gens.

Un bon roi est pourtant un roi au milieu des personnes qui lui font confiance, un bon président fend la foule et prend le risque d'une balle perdue. Un souverain n'est jamais que le dépositaire d'une idée et d'une transmission historique, ce n'est pas une porcelaine fragile révérée comme une idole.

Ce commémorations me laissent toujours un goût d'amertume parce qu'elles dévient de plus en plus vers le passage obligé et le tout sécuritaire. Parce qu'elles se coupent du vrai besoin de gens: celui de se souvenir en connexion directe avec le passé et le combat de ceux qui ont dit non. Nous avons besoin d'empathie, pas de protocole de coin de table.

On nous en colle plein la vue, on nous dit à quelle minute il faut penser à untel ou untel, à quelle seconde il faut se souvenir de ceci ou cela mais on ne travaille pas sur la conscience de la mémoire. On sort des placards les anciens combattants pour essayer de faire oublier qu'on les y a tenus enfermés si longtemps.

De la même façon qu'on nous vole de plus en plus souvent notre patrimoine commun quand on privatise un bâtiment ancien pour en faire payer la visite ou la jouissance, on nous confisque nos mémoires, nos souvenirs, ceux de nos ancêtres pour en faire une fête des grands de ce monde, des gens importants ou qui se targuent de l'être.

Elizabeth, Madame, j'ai pour vous le grand respect que j'ai pour ma propre grand-mère, petite femme du peuple émigré d'Italie mais je me contrefous de me tenir à trois pas de vous afin de respecter un usage totalement absurde.
Présidents puissants avec le doigt si près du Bouton Rouge, n'oubliez pas d'où vous venez, ni que vous tenez votre pouvoir des hommes et des femmes que vous représentez. Sans eux, vous n'êtes rien. Alors, ne leur manquez pas de respect en théâtralisant tous vos gestes et vos discours.
Et puis, il y a tous ces morts dont beaucoup ont fait les frais de décisions stupides: qu'on se souvienne d'eux avec la modestie qui s'impose et en se demandant si nous aurions fait la même chose à leur place.

On nous a confisqué le D.Day, comme on nous a confisqué tout le reste, parce que personne n'a jamais rien dit ni jamais imposé modestie, partage et sincère simplicité.

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