29 juin 2009
Fugace passerelle

Je ne pensais pas que j'aurais pu le faire. Et avec autant de délectation en plus.
C'est sans doute le rêve de tout acteur, de théâtre ou de cinéma, que de pouvoir faire irruption dans le monde réel tout en conservant l'apparence et le costume de son personnage de scène ou de plateau. J'en comprends désormais la portée et déjà, il m'en reste le goût fugace en mémoire.
Nous n'avions initialement pas défini de programme. Vendredi soir dernier, il fut donc convenu de nous retrouver sur le trajet de la désormais célèbre "Marche des Fiertés" de Paris, à l'orée du boulevard St Michel et d'intégrer le cortège à la suite d'un char sympathique et animé que nous aurions choisi.
Comme je le fais depuis trois ans maintenant, au fil des derniers mois, j'ai patiemment mis au point le costume que je comptais porter pour l'occasion en réunissant ses différents éléments au fil des visites sur Internet en particulier. Mon objectif ne change pas: montrer une image différente de l'univers masculin, un mélange de sérieux et de festif, d'élaboré et de plus naturel, une image qui fasse la part de choses entre une convivialité, une ouverture d'esprit que je défends et un lien aux grands standards de la "culture bear".
Après l'uniforme à casquette d'officier et fourragères des deux éditions précédentes -que beaucoup ont comparé à celui d'un général...d'opérette alors!- j'étais cette fois-ci vêtu la mode du Siècle des Lumières, dans une version modernisée des tenues royales de l'époque. Une façon de réconcilier l'Ours avec la plume en quelque sorte tout en faisant un clin d'oeil à l'Histoire toujours aussi présente dans mon univers.
D'ailleurs, lorsqu'une jolie jeune femme avec un petit côté déluré, après m'avoir pris en photo au cours de la parade, me demanda qui j'étais, je lui répondis de façon un peu sybilline: "je suis le Roi des Ours". "Le Roi des Ours? fit-elle, c'est la première fois que je croise un roi!"
N'est-ce pas charmant?
Cette année, j'ai pu compter sur la bonne humeur et le talent de l'ami Roger, un bel ours batave à l'accent du Hollandais volant qui avait cousu lui-même les éléments d'un hallucinant costume de pirate (de luxe tout de même, le pirate) qu'il portait à merveille. Marcher avec lui fut d'autant plus plaisant que nous formions à nous deux un tout historiquement cohérent. Nous l'avions d'ailleurs mis au point de concert, de nombreuses semaines en amont.
Vendredi, il fut donc également décidé que nous nous apprêterions à Montreuil chez mes hôtes. Ni Roger, ni moi-même n'avons alors pensé au moyen utilisé pour gagner Paris.
Ce fut le métro et le RER.
Imaginez donc un quarteron d'ours portant des t-shirts bariolés suivant deux garçons semblés sortis tout droit d'un livre d'Histoire se rendant à pied à la station de métro la plus proche, prendre la ligne sous les regards à la fois amusés, étonnés et émerveillés, changer à la station du Châtelet avant de s'engouffer dans une rame de RER... On entendit même sur les marches d'un escalator un "Napoléon!" et un "Salut Capitaine Crochet".
La culture des Franciliens est toujours pour moi source d'incommensurable étonnement.
Drôle d'impression finalement. Point de malaise non, mais beaucoup de bien-être. Un sentiment provenant sans doute de l'esprit festif du groupe et du moment et du fait que cette touche d'originalité anachronique était partagée. Moi qui ai toujours lutté contre la crainte de l'idée du regard de l'autre posé sur moi -la photo fut d'ailleurs une excellente thérapie- j'y ai pris grand plaisir. C'est pour cela que je parle même de délectation.
Mais les sensations les plus fortes vinrent après, sur le chemin du retour lorsque arrivés au terme du parcours que nous avions décidé au coeur de la Gay Pride, nous avons dû traverser la Seine, longer la Préfecture et le Théâtre du Châtelet -d'où on aurait pu nous croire sortis des coulisses- afin de regagner le bar du Marais où nous nous étions donné rendez-vous.
Là, hors du cortège coloré et délirant de la Gay Pride, le monde redevenait ce qu'il n'avait jamais cessé d'être, normal. Là encore, ce fut la surprise, l'amusement dans les regards, les petits rires des touristes asiatiques et des enfants, des gens aux terrasses des cafés...
Mais se retrouver là dans ce quartier hautement historique de Paris, vêtu comme l'avait pu être un Prince ou un souverain de l'époque, fit sur moi une puissante impression. Comme si l'anachronisme festif du départ avait servi à créer une fugace passerelle dans le temps et offrait plus de relief encore à ce que j'avais voulu donner à voir.
J'aurais souhaité que cela durât davantage, mais je sais que tout passe très vite.
Personne n'a pris de photos de ce moment là, aussi je n'aurai aucun support à ma mémoire quand le fil des jours aura déformé mes souvenirs. Cela n'a pas d'importance puisque le principal reste d'avoir pu vivre cette après-midi bien entouré, à la fois dans et hors du temps.
17 juin 2009
Il faut se débarrasser d'Ahmadinejad

L'Iran commence à occuper une place importante dans les médias occidentaux depuis quelques jours et ce malgré le manque d'informations fiables et structurées. Il était temps!
Il faut bien comprendre qu'il se joue en ce moment à Téhéran un épisode qui pourrait tout faire basculer...Dans un sens comme dans l'autre et que nous autres, citoyens de pays libres, nous aurions tout intérêt à ne pas jouer une fois de plus à la ronde des autruches et assister passivement au spectacle en comptant les points.
Il faut se débarrasser d'Ahmadinejad. Sa réélection fut une masquarade et point n'est besoin d'être politologue pour s'en persuader: des chiffres manquant de crédibilité, des provinces affichant quasiment le même pourcentage de voix, un parti intermédiaire perdant brutalement presque tous ses électeurs alors qu'il constitue une troisième force politique... Autant d'éléments opaques étayés par un discours de plus en plus agressif promettant le châtiment aux contestataires.
Il faut se débarrasser d'Amadinejad parce que ce faisant, c'est tout le système politique iranien actuel qui peu à peu pourrait être remis en cause. Car il ne faut pas se leurrer, son challenger n'est pas non plus un modèle d'ouverture, tout au plus un modéré dans un pays où proposer de découvrir de quelques centimètres une chevelure féminine suffit à illustrer une certaine ouverture politique.
Moussavi est juste un catalyseur et la contestation pourrait avoir des répercussion beaucoup plus importantes, poussant la jeunesse à demander plus encore que le bribes de liberté qu'on serait tenté de lui accorder dans un système bicéphale étouffant où la première tête s'épuise à détruire la seconde.
Il faut se débarrasser d'Ahmadinejad parce que l'Iran qu'il propose est une insulte permanente à la face du monde. Un pays avec une culture aussi ancienne, une organisation sociale aussi complexe, une histoire riche mais passablement chaotique, ne peut plus se satisfaire de fonctionner sur de la provocation permanente, sur des conceptions iniques et archaïques que même ses coréligionaires ont du mal à cautionner. Un régime qui fouette les femmes et pend les homos à des grues dans la rue au nom d'un texte saint détourné n'est pas digne de respect.
Alors demain et dans les jours qui viennent ce sera quitte ou double: ou le pouvoir finira par reculer d'une manière ou d'une autre, où le sang sera versé et les prisons remplies. C'est maintenant qu'il faut que la communauté internationale se manifeste. Et non pas par de petits communiqués timides. C'est maintenant que les citoyens du monde libre doivent faire ingérence en mobilisant les consciences à défaut de pouvoir faire autre chose. Vingt ans après Tian An Men, Téhéran ne doit pas se retrouver noyée sous la chappe de plomb de l'indifférence. On voit ce que ça a enraîné en Chine, épine permanante dans la conscience de tous les Etats d'Occident qui ont fermé les yeux pour mieux manger dans la main d'un régime qui s'est bien gardé de leur acheter centrales nucléaires, TGV et autres avions...
En tant que français, je n'oublie pas que mon pays a accueilli en son temps Khomeyni au nom de la liberté et du respect des opinions politiques, fussent-elles rétrogrades, à l'époque où le Shah le pourchassait sans pitié. Il est temps que l'histoire s'inverse et que le processus du renouveau commence et fasse tomber les turbans.
Il est temps que Reza Pahlavi regagne son pays pour lui proposer une réelle alternative démocratique. Dans le fond, il n'y a que lui qui ait la capacité et la légitimité de le faire.
13 juin 2009
Requiem pour le Petit Gris

La presse en a fait ses choux gras: Petit Gris vient de mourir.
Enfin. Il y a quelque chose de rassurant de se dire que même les pires grigous finissent toujours par être désignés par le doigt de l'Horloge, à défaut de celui de la Justice des Hommes.
Après quatre décennies de pouvoir sans réel partage, toujours à la limite du culte de la personnalité mais sans jamais y verser totalement, Petit Gris est sorti par la porte secrète -mais poin hermétique- d'une clinique privée espagnole.
Etonnant d'ailleurs qu'il ne soit point venu terminer ses jours sur notre terre de France qui avait su si bien servir ses intérêts.
Il convient ici de le reconnaître, Petit Gris était d'une intelligence politique rare. Grâce à l'or noir abondant sous ses forêts, il était parvenu à tout acheter, y compris les consciences, insufflant régulièrement juste ce qu'il fallait d'argent pour garder la mainmise sur la gestion de son pré carré dans lequel il confondait avec délectation intérêts privés et publics à la façon des grands princes d'autrefois.
On le déclara pas assez à l'écoute de son peuple? Il transforma les prénoms reçus à sa naissance pour les convertir à l'Islam et se faire précéder du titre d'el-Hadj.
On lui reprocha ses dérives autocratiques et l'absence de pluralisme? Il abandonna quelques haillons démocratiques aux plus agités afin qu'ils vînssent plus rapidement encore manger dans sa main...
Je me souviens pourtant, il y a près de vingt ans, des chars dans les rues de Libreville, l'incendie des hôtels, les violences et la crainte d'une évacuation des ressortissants européens... Petit Gris semblait alors en mauvaise posture. Mais le merveilleux système de la Françafrique mit les plaideurs d'accord en étouffant les justes revendications d'un peuple floué mais bien trop peu éduqué politiquement pour réagir.
Il est vrai que le pays de Petit Gris était loin d'être aussi misérable que celui de ses voisins. Un train le traversait même de part en part qui faisait sa grande fierté, c'est tout dire! Pourtant les routes, elles, manquent toujours, les hôpitaux n'ont d'hôpitaux que le nom, le paludisme endémique et l'alcoolisme continuent à faire leur délicieuse petite cuisine ravageuse.
Les palais présidentiels sont toujours couverts de marbre, les Fangs détestent toujours autant les Miénés et les chinois continuent d'alimenter leur diaspora locale, vampirisant leur part des gisements pétrolifères. Total ne viendra désormais plus ici par hasard.
Finalement, Petit Gris se retire au bon moment. Après lui, le Déluge dans un climat moite, chaud et difficile. On se retrouvera bientôt entre gens de bien autour de son mausolée pour verser une larme de circonstance, aussi lourde qu'une goutte de pluie équatoriale, au milieu de deux belles phrases.
Il y en est qui doivent, à cette heure-ci, se sentir plus légers car, dans la mort, il emporte des secrets bien embarrassants pour qui a ouvert son musée d'art asiatique en Corrèze ou vendu des frégates à l'armée Taïwanaise...
03 juin 2009
A330 Troisième jour
Troisième jour.
Troisième jour et toujours pas de corps. Tout juste quelques débris et une traînée de kérozène.
Impossible de ne pas y penser, impossible de ne pas être en empathie totale quand on fait partie des gens qui ont beaucoup volé sur des moyens ou longs courriers et pour qui ce fut toujours un plaisir et une aventure.
A chaque fois c'est pareil...Et pourtant là, le sentiment est plus fort. Peut-être parce que les médias se sont encore plus infiltrés dans la brêche du pathos, élaborant des scénari plus ou moins sérieux sans retenue, truffés d'appoximations voyeuristes jusqu'à friser la nausée.
Peut-être aussi parce que l'on ne sait que bien peu de choses. Dans pareille circonstance, l'esprit cartésien a besoin de vérité tandis que l'intuitif demande encore sa part d'illusion. Il faut répondre aux deux et cela n'est pas simple.
Quelque part dans le noir quasi total, quelques rares poissons presque transparents doivent cheminer entre d'étranges algues humaines encore attachées à leur sièges au milieu d'un fatras comprimé par la pression... Cette image m'est insupportable.
L'Océan sait garder jalousement ses secrets. Peut-être acceptera-t-il d'en laisser filtrer un peu de dessous sa vase, jusqu'à la surface? Depuis trois jours moi, petit rien, je suis dans l'attente et je sais bien qu'elle est illégitime quelque part car j'ai l'immense chance de n'avoir perdu personne, ni de près, ni de loin dans le grand avion blanc.
Mais cette attente se joint à celle de milliers d'autres dans une forme de communion d'esprits afin de rendre moins lourd -à peine moins- le fardeau de ceux qui se cachent pour pleurer.

Airbus A330-200 Air France
18 mai 2009
Bearechit

"Au commencement était le Gang-Bang.
Tout se mêlait dans un magma informe et l'Esprit flottait au dessus.
Jugeant que cet ensemble indistinct était un furieux bazar, le Créateur dit: allez zou!
Et les corps se séparèrent les uns des autres.
Il nomma ceux du bas femmes et ceux du haut hommes et vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin. Premier jour.
Le Créateur dit: que cette étendue d'hommes se scinde en trois parties!
Il nomma la première Sans-intérêt, la seconde Grandes et la troisième Folles et vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin. Ce fut le second jour.
Puis le Créateur dit: que le tas du bas s'ordonne! Et il le fit de façon complexe afin que les hommes n'y comprennent jamais rien.
Il partit dans un grand rire et vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin. Troisième jour.
Le Créateur dit ensuite: qu'il y ait des luminaires partout dans les cieux et que ce soit des signes pour compter les jours
et animer les nuits! Il fit exister le soleil, la lune, les étoiles, les lustres et les boules à facettes.
Il vit que cela n'était pas mal du tout. Il y eut un soir et un matin. Ce fut le quatrième jour.
Le Créateur déclara: qu'il y ait de l'eau, de la vapeur d'eau avec toutes sortes de bulles dedans! Et il fit exister les hammams, les jacuzzi et la bière.
Il les remplit de toute sa bienveillance et vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin. Cinquième jour.
Le Créateur dit à nouveau: qu'advienne une matière sombre, souple et solide à la fois et une autre claire, légère et aérienne! Elles couvriront les hommes et les femmes.
Ainsi fit-il le cuir et les plumes et il vit que cela était seyant.
Il y eut un before, il y eut un after. Sixième jour.
Considérant son oeuvre, le Créateur vit qu'il manquait quelque chose.
Il regarda les hommes et dit: que des trois groupes s'en forme un quatrième! Il le nomma Bûcherons et le para de l'épaisseur, du poil et de la robustesse.
Et le Créateur ajouta: je te donne de ressembler à l'animal que tu nommes ours et de te répandre partout sur la Terre jusqu'aux confins du Ciel. A toi reviendra de révéler les autres hommes à leur nature.
Puis, jugeant que son oeuvre était accomplie, le Créateur se servit une choppe et s'en alla se reposer."
Extrait de la génèse qaherabearienne (I,1-25)
11 mai 2009
La tentation du retrait
C'est celle qu'on peut ressentir quand on a l'impression de ne pas être à sa place, de viser un objectif vain, quand le doute -celui de Descartes qui est sensé faire avancer- s'installe durablement.
Voici mon sentiment du moment.
Le bilan plus que mitigé de Diversités, rapatriée de Lyon il y a déjà une bonne dizaine de jours, doublée de l'annulation de la première exposition des Desperate qui devait se tenir à Paris en juillet, dans un restaurant-bar qui a malheureusement dû fermer ses portes, ont remis sur le devant de ma scène ces limites qui je connais bien et qui m'ont toujours accompagnées.
Quand quelque chose commence à frémir, que je peux enfin passer à la vitesse supérieure, ne plus trop compter mon budget pour investir dans de meilleurs tirages, du matériel plus performant, voila que d'autres aspects se défaussent. Une crise, des gens qui m'apparaissent comme blasés de tout, un tout petit milieu fonctionnant finalement en vase clos, des garçons sympathiques certes, mais très loin de posséder cet esprit que je recherche et que j'essaye de mettre en valeur... Bref, cette sensation de tourner en rond et d'être arrivé trop tard... Ou peut-être trop tôt.
Pourtant, l'expérience de l'échec -encore que ce dernier soit tout relatif et sans réelle importance- est formatrice. Elle me permet de savoir ce que je ne veux plus faire parce que cela ne me correspond pas.
Exposer dans un bar étiqueté comme gay ou bear en fait partie. Il n'est point question ici d'adresser de quelconques reproches, juste de faire une sorte d'état des lieux. Ce que je réalise ne prend pas sa pleine dimension humaine dans ce genre de lieux car on ne peut pas faire cohabiter ce que j'essaye de promouvoir avec les exigences d'un commerce. Une foule de petits détails, malgré toute la bonne volonté affichée, illustre bien le hiatus qui existe entre ces deux aspects. C'est ainsi.
Je cherche donc une autre voie. Comment faire en sorte que mon "travail" existe sans passer par l'exposition? Le Net est une bonne alternative. La toile est comme un océan couvert d'embarcations de tailles et de formes différentes. Il y a les paquebots de luxe, les vénérables jonques et les petits esquifs. Je suis une de ces barques. Peut-être deviendra-t-elle un jour plus épaisse, plus robuste et plus visible dans cette mer de bois et de métal...
Il y a le bouche-à-oreilles aussi. J'ai la chance de pouvoir compter sur l'amitié de garçons qui ont bien voulu poser pour moi et qui ont été très heureux du résultat obtenu ainsi que du bon moment passé. Ils sont finalement mes meilleurs ambassadeurs...
Je suis donc partagé entre ces alternatives et la volonté de prendre du recul, de mettre un peu sous le boisseau certains projets trop "chronophages" et pour lesquels, finalement, je me sens bien seul.
Il y a toutefois une chose sur laquelle je ne reviendrai pas, c'est l'aspect protéiforme de ce que je fais. N'étant ni dessinateur, ni peintre, ni photographe, ni écrivain, n'étant titulaire d'aucune formation spécifique en l'un ou l'autre de ces domaines -si tant est qu'on puisse l'être en matière de littérature-, je me donne et me conserve le droit de tous les aborder selon le goût du moment. Et qu'importe si les pistes se brouillent pour les autres. Qu'importe si on me juge meilleur dans une discipline plutôt qu'une autre. Qaherabear fait du Qaherabear mais réalise aussi bien d'autres choses dont je ne parle pas ici. Il n'y a pas que l'Ours dans mon existence, même s'il y occupe une bonne part. Il se trouve juste qu'à ce moment de ma vie c'est cet aspect qui semble trouver le plus d'écho (relatif tout de même).
Si on souhaite donc me coller une étiquette sur le dos, qu'on y réfléchisse à deux fois car elle pourrait bien n'avoir aucun sens.
Plus que jamais, je suis persuadé que ce qui compte vraiment c'est l'Oeuvre, c'est à dire ce travail de longue haleine motivé par une énergie venue de loin, une envie irrepressible de créer. Même si j'ai l'impression que tout a déjà été fait, par d'obscurs inconnus ou des maîtres géniaux, même si je crois de plus en plus ne jamais pouvoir réellement percer -par manque d'entregent, de chance,ou tout simplement, de talent-, je sais que ce que je cherche à faire passer dans ma créativité, mon humanisme à moi, a sa place dans la folle ronde du monde.
Le plus difficile finalement c'est de tenir le bon chemin et de ne pas se laisser trop gagner par la tentation du retrait. Car elle pourrait bien se transformer en renoncement avec l'amertume pour corollaire.
Patrick en "maître Dan", une très belle série de photos avec un gaillard généreux et attachant. HQB mai 2009
26 avril 2009
On décroche!

Le temps file vite. En fin de semaine, week-end du Premier mai, ce seront les dernières heures de Diversités. Décrochage prévu le dimanche 3 mai. Je serai à la station B vendredi et samedi soir, pour information. Le bilan de la prestation, son debriefing comme on dit en langage...dynamique se fera plus tard, à tête reposée :-).
19 avril 2009
Codex ursorum
![]()
Les tribulations de la famille Simpson ne me font pas rire,
le cinéma qui met des yeux aux collines, taille dans le vif des corps et glorifie la violence me rend physiquement malade,
Les super héros des Comics ont oublié de s'arrêter devant ma porte,
le mix de remix d'électro-trance-pop techno tendance funky-noisy-métallo-hard-et tutti quanti me laisse complètement de marbre, tendance agacement limite tout de même,
Sitgès est pour moi un ancien village de pêcheurs,
Cologne, une cathédrale gothique,
Barcelone, la cité du fantastique Gaudi,
Paris, une ville de culture passablement invivable par ailleurs...
Un bar, un endroit convivial où boire une bière et discuter avec des gars sympas.
Visiblement, dans le monde des Ours actuel de mon pays de France, je n'ai pas le bon code.
Dites, cher docteur, est-ce grave?
18 avril 2009
Roquet.

Roquet a besoin d'occuper le devant de la scène. D'aucun prétendent que cela serait dû à sa petite taille à l'origine d'un complexe d'infériorité. Cette explication est par trop simpliste pour me satisfaire. Toujours est-il que Roquet est partout, ou presque. Il envahit l'espace.
Il se manifeste avec force gestes, tournoiement de mains et haussement d'épaules. Il répond aux questions par de nouvelles questions, place le on généraliste régulièrement dans ses phrases dont le niveau de langue est à peine soutenu.
Son entourage répète que tout cela est voulu car il faut savoir communiquer avec le plus grand nombre. Et Roquet aime à communiquer. Ou disons qu'il affectionne une certaine forme d'échange qui peut apparaître toutefois comme passablement désordonnée à l'esprit du néophyte.
Il est très difficile de farder longtemps son naturel. Roquet l'a brutal et saupoudré d'un peu de vulgarité. Tandis qu'il serre une main ou embrasse par ici, il laissera tomber quelques mots mal dégrossis -mais toujours assassins- par là. C'est une marque de fabrique chez lui et il faut croire qu'elle fascine. Car Roquet a développé la faculté de fédérer autour de sa personne un agrégat disparate d'ambitieux et de flatteurs, personnages qu'il remet d'ailleurs régulièrement à leur place. Sans doute doivent-ils en éprouver un certain plaisir puisque ce brillant aréopage se montre bien docile. Du moins pour le moment.
Mais il n'est de roquet qui un jour ne lasse, qui ne trouve son maître et qui s'aplatisse devant plus fort, plus bruyant que lui. Ce jour là, généralement, les flatteurs se muent en railleurs, brûlant avec un entrain un peu gêné ce qu'il ont adoré en même temps que leur mémoire.
J'attends patiemment que ce moment arrive pour sourire au spectacle.
11 avril 2009
Le revenant...
Comme les anges à l’œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit ;
Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d’une fosse rampant.
Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu’au soir il fera froid.
Comme d’autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l’effroi.
***
Ch.Baudelaire, les Fleurs du mal
